Rapport des activités de l’ONG Impératif Développement durable  (Avril à décembre 2018)

 

L’I.D.D. a débuté ses activités dans la périphérie de Kinshasa plus précisément dans les communes de N’Djili et Matete. Avec le concours d’infirmiers qualifiés, l’I.D.D. a offert des dépistages gratuits de l’hypertension artérielle et du diabète aux personnes démunies. Elle a utilisé des affiches pour éduquer la population sur les  facteurs à risques et les saines habitudes alimentaires. Depuis octobre 2018, des campagnes de sensibilisation sont menées dans les marchés, les écoles, les maternités et les églises dans la ville-province de Kinshasa ; dans les provinces du Kongo central et du Kwilu. Afin de toucher un grand nombre de femmes, l’I.D.D. a ouvert une cellule à Kikwit dans le Kwilu, et une deuxième cellule vient de voir naissance à Matadi dans le Kongo central. Pour y parvenir, l’I.D.D. utilise des outils de communication tels des banderoles, des affiches, et des mégaphones.
 
 

 I. Dépistages gratuits de l’hypertension artérielle et du diabète 
 

Faisant du porte à porte et de maison en maison à travers les quartiers de Matete et N’Djili, nos infirmiers Achille et Alice ont procédé à plusieurs dépistages et identifié des personnes indigentes dont le taux de glycémie et/ou la tension artérielle sont élevés. Depuis avril 2018 à ce jour, nos braves infirmiers suivent 19 malades dont 13 femmes et 6 hommes âgés de 44 à 86 ans.    Chaque malade reçoit 2 visites par semaine. Leurs glycémies sont contrôlées à 6 heures du matin et cela avant même qu’Achille et Alice se rendent à leurs lieux de travail respectifs. Ils se partagent alors les tâches pour aller vite, les valeurs obtenues ainsi que des remarques sont notées dans un registre prévu à cette fin.

Tableau représentant les malades chroniques suivis par l’IDD

 

Femmes

Hommes

Malades

Diabète

3

2

5

HTA

10

4

14

 

13

6

19

  


 

Cependant, nombreuses sont les difficultés rencontrées sur terrain dans l’exercice dudit travail. Nous pouvons citer entre autres :
 

  • Dans les ghettos de Kinshasa, le risque de tomber sur des «kulunas», des gangs qui attaquent à la machette, est très élevé. Nos infirmiers quittent leurs domiciles vers 5 heures 30 pour pouvoir effectuer les premiers tests de glycémie dès 6 heures ; 

  • Des quartiers qui sont souvent inondés pendant la saison de pluie et qui ne permettent de visiter les malades ;

  • Des risques élevés d’électrocution ;

  • Des quartiers enclavés par manque d’infrastructure routière, qui obligent nos infirmiers à parcourir des longues distances à pied ; 

  • Des routes en très mauvaise condition ou impraticables en milieu rural ;

  • L’impossibilité d’obtenir un service d’ambulance en cas d’urgence ; 

  • Dans des milieux enclavés, l’évacuation d’un malade en état d’urgence vers un centre hospitalier se fait sur le dos des membres de sa famille ou des gens de bonne volonté qui le porte à tour de rôle ; ou sur une motocyclette ;

  •  Le counselling n’a que peu d’effet parce qu’étant démuni, le malade mange mal, mange tard, mange souvent ce qui lui est interdit, prend ses médicaments avec beaucoup d’interruptions, se contente des centres de soins de fortune et des médicaments de provenance douteuse ;

  • Des malades tombent sur des faux médicaments qui leur sont vendus dans la rue à moindre coût.

  • Il est arrivé une fois aux 2 infirmiers d’utiliser leur propre argent pour évacuer un malade en état d’urgence.


II. Campagne Octobre-Rose 2018

Débutée le samedi 6 octobre, la campagne «Octobre-Rose» a connu un grand succès dans la mesure où nous avons apporté de l’aide à beaucoup de femmes et jeunes filles qui présentaient divers symptômes du cancer du sein sans en avoir conscience. Celles-ci étaient totalement ignorantes des conséquences fâcheuses de la maladie. Les informations reçues pendant la campagne les ont incitées au dépistage et les résultats sont encourageants. 
 

Le jour du lancement de la campagne, 2 jeunes filles, élèves, sont venues à notre rencontre pour chercher de l’aide. La première, nommée Bénédicte, nous a vus passer devant sa maison lorsque nous nous rendions au marché de Synkin à Bandal. Ayant suivi notre exposé, elle a compris le danger qu’elle encourt. Elle nous a parlé de sa jeune cousine Sara qui vit avec elle et qui présente aussi le même symptôme qu’elle. Sara, n'était pas encore allée se faire dépister faute d’argent mais l’I.D.D. lui a offert une consultation chez H.B.M.M.
 

La deuxième jeune fille que nous avons rencontrée au marché de Synkin s’était montrée encore plus inquiète. Elle nous avait confié que plusieurs fois elle a demandé à sa tante de l’amener à l’hôpital mais celle-ci la faisait toujours attendre. Malheureusement, le membre de l’IDD qui s’était entretenu avec elle a omi de prendre ses coordonnées. 

Pendant la campagne, L’I.D.D. a conseillé l’Hôpital Biamba Marie Mutombo (H.B.M.M.) pour des tests de dépistage fiables à un prix hors concurrence. Bénédicte est dans l’attente des résultats de la biopsie effectuée sur elle.
  

Lors de notre visite à l’école secondaire mixte «Mama Pauline Tati» le 15 octobre à Bandal, la directrice était ravie de nous recevoir car c’était la première fois qu’une activité éducative de ce genre était organisée dans son établissement.  Elle a fait un don de 8.000 FC (5.00USD) et nous a priés de revenir avec d’autres activités du même genre. Plus de 500 jeunes gens et jeunes filles ont été sensibilisés sur le cancer du sein
 

Le 17 octobre, notre équipe a visité la petite maternité appartenant à une paroisse protestante à Bandal, le médecin-directeur a demandé à l’équipe de l’I.D.D. de revenir tous les mardis et mercredis parler du cancer du sein aux femmes qui viennent soit pour la consultation prénatale soit pour faire vacciner leurs bébés, ou à celles qui sont internées dans la maternité.
 

En pleine campagne au marché de Moulaert de Bandal le 20 octobre, une dame vendeuse de légumes nous a parlé de sa jeune fille, élève aussi, qui «souffrirait des seins» mais qui se fait soigner à l’indigène par manque d’argent. L’I.D.D. a délégué notre encadreuse Marie pour rendre visite à la jeune fille mais elle n’est pas encore eu la chance de la rencontrer.
 

Une dame d’environ une quarantaine d’années, employée dans une banque, qui nous avait  suivi tout à fait par hasard, nous a remerciés car les examens de dépistage effectués sur elle n’ont rien montré sinon un kyste.
 

Nous avons aussi effectuées 2 visites successives au Lycée Mgr. Dr. Shaumba, la plus grande école des filles à vocation protestante de la capitale le 10 et 17 novembre.  Près de 1000 jeunes filles ont pris conscience des risques du cancer du sein. 18 jeunes filles qui croient présenter l’un des symptômes du cancer du sein nous ont, individuellement, confié leurs inquiétudes en privé. Afin de leur venir en aide, l’équipe de l’I.D.D. a pris soin de noter leurs noms, classes et coordonnées téléphoniques de leurs parents. Les jeunes filles du Lycée Mgr Dr. Shaumba se sont montrées très intéressées par les informations reçues sur le cancer du sein.  Elles ont vite mémorisé la devise de lutte contre la maladie (Observer-Palper-Pincer-en cas de doute Consulter) et maîtrisé les gestes qui sauvent.  Nous avons été impressionnés par la qualité des questions posées.  Certaines élèves n’ont pas hésité à partager des expériences vécues avec des personnes affectées par le cancer du sein dans leur entourage.  Saisissant cette occasion, Dr. Tshidibu et moi-même les avons encouragées à adopter des saines habitudes de vie pour ce qui est de leur alimentation, et des produits cosmétiques utilisés.  Par ailleurs, l’I.D.D. a clôturé sa visite au lycée en appelant les jeunes filles à devenir des porteuses du ruban rose en continuant de relayer l’information sur le cancer du sein en famille, à l’école, partout afin de toucher un plus grand nombre de femmes.
 

Madame Pitshouna Bolenga, une évangéliste  et animatrice de l’I.D.D., s’est entretenue avec  39 dames adeptes d’une église dénommée «Ministère d’Intercession et d’Evangélisation» dans la commune de Kingabwa en date du 25 octobre. Plus tard, au courant de la même semaine, elle s’est adressée à un groupe de 9 voisines au sein du camp militaire Kokolo où elle habite. 

Le jeudi 29 novembre, j’ai rencontré, tout à fait par hasard, une jeune mère d’une quarantaine d’années nommée Perside qui a été opéré d’un cancer du sein il y a 2 ans mais qui se plaint toujours des douleurs. En plus, elle a une grosse masse de la taille d’une balle de ping-pong sous les aisselles. Je lui ai suggéré de se faire consulter chez H.B.M.M., mais elle a refusé en justifiant que cet hôpital coûte très cher. J’ai réussi à la convaincre en lui offrant de lui payer une consultation et une échographie chez H.B.M.M.
 

Dans tous les sites où l’I.D.D. est passée, ses membres ont fait des démonstrations sur les gestes qui sauvent et ont invité leurs audiences à les reproduire. 
 

En ce moment-ci, l’I.D.D. est en train de négocier un partenariat avec l’HBMM qui consisterait à  lui envoyer des élèves de diverses écoles, et des personnes indigentes pour des examens de dépistage gratuits.
 

Les difficultés rencontrées sont les suivantes :
 

  • Il n’existe pas de structure nationale de lutte contre le cancer du sein en R.D. Congo pouvant appuyer les efforts de l’I.D.D ;

  • Plusieurs autorités municipales ne nous ont pas accordé l’autorisation de faire la sensibilisation en dépit des explications fournies par l’ONG. Des correspondances et demandes d’audience sont restées sans réponse jusqu’aujourd’hui ;

  • Ne saisissant pas toujours la portée humanitaire de notre travail, l’I.D.D. a parfois été obligée de donner un pourboire pour obtenir un service ;

  • Faute de moyens financiers, l’I.D.D. n’a pas pu imprimer des tracts et des autocollants qui reproduisent les symptômes du cancer du sein et l’autopalpation ;

  • Les femmes vivant dans les provinces où nous avons fait la sensibilisation doivent parcourir des longues distances dans des conditions difficiles pour arriver à faire un examen de dépistage ;

  • Beaucoup de femmes renoncent à ces examens à cause du coût élevé de ceux-ci. 

     

III. Les activités menées dans l’arrière-pays
 

Du 23 au 25 octobre 2018, la cellule I.D.D.-Kikwit a débuté des campagnes de sensibilisation dans l’arrière-pays notamment dans les marchés, les maternités et établissements scolaires de Kikwit et Masi-Manimba.  Cette équipe était composée de : 
 

  1. M. Pierrot MUKENZI, Infirmier et Chef de la cellule de l’IDD Kikwit

  2. Mme Mpia OLEME, Infirmière et animatrice

  3. M. Désiré MASINI 

  4. Mme Valentine KATEMBO

  5. M. Narro NSAY

  6. Mme Esther MUKENZI

  7. Mme Mado KAYANDA


Dans la matinée du 23 octobre, notre équipe a battu campagne de sensibilisation sur le cancer du sein au marché de Kazamba de Kikwit, un marché qui englobe les habitants en provenance des 12  villages environnants. A 2 heures d’après-midi, l’équipe était attendue par le médecin-directeur de l’Hôpital général de Kikwit. Là, nous nous sommes adressés aux femmes gestantes qui étaient venues pour consultation prénatale mensuelle ; aux accouchées internées dans la maternité ; et aux infirmiers qui tenaient une réunion à la banque du sang.
 

L’équipe de l’I.D.D .a débuté la journée du 24 octobre par une visite au centre de santé LUNIA, à Kikwit où elle s’est entretenue, une fois de plus, avec les femmes venues pour la consultation prénatale et aux accouchées.

Ensuite, elle a effectué une visite au Lycée Mawete où l’I.D.D. a fait la joie de 400 élèves jeunes filles. Celles-ci nous ont demandé de refaire la campagne.
La campagne de sensibilisation à Kikwit s’est terminée le 25 octobre au marché central de la “Ville Base”.
  

A partir du 26 octobre, l’équipe est descendue à Masi-Manimba. Les autorisations pour la campagne ayant été obtenues, nous avons, le 27 octobre, conscientisé plus de 500 jeunes filles élèves du Lycée Ngemba.  Les journées du 29 et 30 octobre ont été, elles aussi, très mouvementées. Nous avons été reçus à la mission catholique de Lumbi ; puis à l’Institut supérieur des Techniques médicales (I.S.T.M.) de Lumbi où nous nous sommes adressés à une audience de 266 étudiants> Nous avons clôturé la campagne à l’Hôpital secondaire de Txingudi où 5 des 76 infirmiers s’étaient joints à nous pour parler du cancer du sein.
 

Le tableau suivant représente le nombre de cas qui présentent des symptômes du cancer du sein et qui ont besoin de notre assistance.


 

Elèves/Etudiantes

Vendeuse marché

Employé(e)

KIKWIT

2

4

 

MASI-MANIMBA

5

1

1

Total

7

5

1

13 CAS


 

 Il est important de signaler que pendant la campagne l’équipe de l’I.D.D.-Kikwit a enregistré plusieurs cas du cancer du col de l’utérus, et quelques cas de cancer du sein négligés à Lumbi.

Au courant du mois de novembre 2018, notre équipe a offert des dépistages gratuits du diabète  et de l’hypertension artérielle avec les moyens de bord. Au total 25 cas de diabète, et 30 cas d’hypertension ont été enregistrés, et sont suivis par nos infirmiers à Kikwit.
 

RECOMMANDATIONS
 

Dans le cadre de cette grande campagne, l’I.D.D. projette d’utiliser des tentes dans lesquelles nos infirmiers vont recevoir les femmes et leur parler du cancer du sein. Nous comptons travailler en partenariat avec des centres de santé (dispensaires).  

Cela permet de :
 

  1. Éviter certaines tracasseries administratives, etc., car nous opérons sous la protection des centres de santé ou hôpitaux partenaires.

  2. Mieux mesurer les résultats et l’impact de la campagne,

  3. De parler aux femmes en toute confidentialité 


SUGGESTIONS
 

  1. Ouvrir des antennes dans les grandes villes de l’arrière-pays, notamment au centre ville de Kikwit et de Masi-Manimba pour mieux servir la population ;

  2. Poursuivre la campagne jusqu'à Bulungu, Kenge, Bandundu-ville, et plus loin encore;

  3. Augmenter le nombre d’infirmiers pour la sensibilisation ;

  4. Négocier des partenariats avec quelques hôpitaux pour le dépistage ; et la prise en charge des malades atteints du cancer du sein (Ces cas posent un véritable problème dans la société) ;

  5. Equiper les infirmiers de tensiomètres et glucomètres pour les dépistages gratuits et contrôles de l’hypertension artérielle et du diabète ;

  6. Acquérir des motos pour son déplacement l’équipe vers des villages enclavés et d’accès difficile surtout pendant la saison de pluies ;

  7. Acquérir quelques appareils photos digitales, et caméras ;

  8. Acquérir 2 ordinateurs portables ;

  9. Acquérir des panneaux solaires pour recharger nos appareils électriques

  10. Acquérir des bottes en plastiques et des imperméables ;

  11. Acquérir des tentes et sacs de couchage pour l’équipe ;

  12. Envisager l’acquisition d’un véhicule 4x4 pour traverser des zones à risque.
     

 

Fait à Kinshasa le 12 décembre 2018
par Albertine DIANGANA,  Présidente
à Kikwit par Pierrot MUKENZI, Chef de Cellule I.D.D.-Kikwit
Courriel : iddongd2014@Gmail.com 
                bertine.dikinkela@Gmail.com

Site web : https://www.iddongd.com